Les arbres sacrés
Les arbres sacrés
Aulne
Arbre solide, résistant aux épreuves du temps, il servait largement dans la construction. L’aulne, premier arbre à avancer droit au combat, incarne le courage, la vaillance. Il est l’arbre qui cèle la paix entre Gaëls et les Bretons, ce qui n’est pas un mince symbole.
Chêne
Le chêne capte les énergies chtoniennes (infernales, souterraines) et célestes par ses racines et ses branches. Il transmet ces forces aux hommes, par l’intermédiaire des druides, qui ont le rôle de médiums, à l’occasion de divers rites et cérémonies. La vénération du chêne est une forme de totémisme primitif (ce qui ne veut pas dire primaire) caractéristique des peuples Celtes et Gaulois.
Le chêne est également doté de nombreux pouvoirs divins. De façon étrange, le christianisme, toujours réfractaire aux anciens cultes païens, a adapté de façon détournée la vénération totémique du chêne. De fait, l’on ne compte plus le nombre proprement incroyable de chênes dans lesquels furent trouvées des statues de la vierge Marie qui, après avoir été enlevés voir détruite réapparaissait dans le branchage où le tronc de ces arbres prodigieux.
Certains furent l’objet de véritables cultes : on y exposait les vêtements souillé d’enfants malades dans l’espoir d’une guérison miraculeuse. Il éloigne les mauvais esprits.
If
Hors des bosquet sacré, cet arbre tient une grande place auprès des Celtes en général et des druides en particulier. Ce conifère odorant est un symbole funéraire dans l’univers celtique. Selon César, deux chef gaulois des Éburons, vaincu au combat, s’empoisonnèrent avec ses fruits. La toxicité de la plante et son lien avec la mort sont patents.
L’if se rencontre encore dans les anciens cimetières, où il paraît tenir compagnie aux défunts, dans la solitude silencieuse, à la frontière du monde des vivants. Le saumon, animal qui représente la connaissance accomplie (au sommet, donc, des incarnations) se nourrit des fruits de l’if de Mugna. La mort et la connaissance sont là étrangement réunies. Vert en toute saison, cet arbre symbolise aussi la résistance, la vigueur et l’immortalité. En dehors donc des cycles végétatif, l’if est le matériau dans lequel est taillé la roue du druide Mogh Ruth, symbole de l’apocalypse, de la révélation puisque selon les textes, une roue en if, Roth Ramhach, doit tomber du ciel lorsque la fin du monde serra arrivée. Le bois d’if sert également pour la guerre, en particulier pour faire des boucliers, et lorsque les druides écrivaient, font leur oghams c’est sur lui qu’ils le font.
Bouleau
Le bouleau est un végétal très sacré pour les druides et tient si l’on peut dire, la seconde place dans la hiérarchie des arbres après le pommier. L’écorce noire et blanche du bouleau portait en elle, dès les temps antiques, les deux tons de l’accueil de Gwen a du (le drapeau breton) L’opposition du noir et du blanc est un symbole évident, appelant les oppositions perpétuelles du monde terrestre, qu’il s’agisse du bien ou du mal, du jour ou de la nuit, du soleil ou de la lune.
Le Câd goddeu nous livre ces vers :
Les sommets du bouleau nous ont couverts de feuilles ;
il transforme et change notre dépérissement.
Après la vie, la mort enviable.
Les feuilles sont un linceul, un nouvel habit pour le défunt,
il se pare d’un aspect pour accéder à l’autre monde.
Dans ce même texte irlandais, l’on apprend que le bouleau, noble de race, prend part en dernier au combat. Sa noblesse lui impose en effet distance, réflexion et profondeur.
Houx
Le Câd goddeu décrit à quel point le houx est rebelle à toute intrusion et ce défend férocement :
Comme un fort inexpugnable,
le vieux houx vert sombre lacère les mains rougies de coups de griffes sans nombre.
Mais le trait principal de cet arbre buisson est de servir de support à une forme de cabale initiatique des premiers temps, le langage des oiseaux. Autour de son tronc, les druides, bardes et ovates réunis poursuivent leur enseignement . Le houx seul susceptible de défendre hardiment les secrets qui lui sont confié, jeu de mots ésotérique, fondement de la tradition druidique .
Après une éclipse, ce savoir si particulier fut remis en vogue grâce aux bardes irlandais Filii. Plus tard, les troubadours occitans usèrent de la même technique pour communiquer leurs connaissance ; c’est ainsi que leurs chants structurés de façon précise, ont été chargés de jeux de mots cabalistique des plus sacrés. Le jeune houx représente l’initié. En fait, les arbres sacrés déterminent la position hiérarchique des druides lors de leurs rencontres.
Noisetier
Les fourches des branches du noisetiers, qui porte aussi le nom de coudrier, sont très sensible aux mouvements du corps du sourcier, lorsque ce dernier passe à l’aplomb d’une source aquifère (mais il faut préciser, ce n’est pas le bois qui réagit à la présence de l’eau, mais plutôt les muscles du sourcier qui réagissent aux variation infimes du champs magnétique terrestre en raison d’un point d’eau proche) constatation immémoriale qui a fait la réputation de ce bois si précieux. L’eau, hier comme aujourd’hui est un bien inestimable et tout ce qui permet de trouver des sources prend aussi de la valeur.
Le coudrier est le symbole d’un enseignement secret , maintenant sous le boisseau, et accessible aux seuls initiés de haut rang. Il prend fonction d’arbitre dans le combat des arbres, ce qui met en évidence la sagesse profonde qui l’incarne. Si la noisette est le symbole de la science continu, le bois de coudrier sert à l’écriture des oghams, extériorisant donc le savoir, et le rendent ostentatoire. Paradoxe initiatique de cet arbre magique, lui qui est l’un des tout premiers à faire pointer ses fleurs mais aussi l’un des derniers à présenter ses fruits ! Comme on compte neuf mois entre les fleurs et le fruit, le coudrier est aussi l’arbre de la fécondité .
La noisette était enfin l’un des instruments traditionnel de musique en Bretagne armoricaine au temps où les paysans n’avaient d’autres ressources que d’utiliser celles que la nature offrait. C’était bien avant que le biniou-coz ne devienne, à la fin du XIXe siècle le seul instrument de la tradition.
Pommier
Le pommier (gwezenn an avalou) est un arbre particulièrement respecté par les Celtes. Aval en Breton, est la racine d’Avallon, l’île aux pommiers. Les Celtes donnaient une importance considérable à cet arbre fruitier dans toutes les légendes de leurs riche mythologie.
C’est sur l’île d’Avalon que le roi Arthur est en dormition, et c’est là qu’il prépare son grand retour. Il s’y vivifie d’une nouvelle connaissance d’une nouvelle force, nourri par le fruit du savoir aux étonnantes facultés. Le pommier est aussi le symbole de la vie éternelle.
Pour les Celtes, la pomme et le pommier occupent une place primordiale dans le paradis auquel la pomme permet d’accéder.
Nos contes eux-mêmes n’hésitent pas à donner à la pomme un rôle clé, dans Blanche-Neige, c’est une reine jalouse qui transmet le mal par le fruit qu’elle donne à la belle et jeune princesse. Un morceau reste bloqué dans la gorge de cette dernière, ce qui la plonge dans un profond sommeil (comme Arthur) jusqu’à ce qu’un prince charmant pour ne pas dire enchanteur lui rende la vie, lui faisant recracher le morceau, en fait un morceau de la connaissance, le plus mauvais. Les conteurs anciens étaient bien souvent affilié à des coteries initiatiques, aussi leurs histoires pour enfants contenaient-elles des messages destinés aux adultes. L’on remarque aussi, a travers cette histoire, le lien étroit qui lie le pommier à l’autre monde dont il est le messager annonçant la vie éternel de Gwenved.
Mais attention, en aucun cas les druides eux-mêmes ne distribuent la pomme : c’est toujours un intermédiaire qui s’en charge, un médiateur. Les pommiers cultivés sont porteur d’une nourriture inépuisable ce qui signifie simplement que la connaissance est sans limites.
Science, sagesse et connaissance sont les trois dons de la pomme aux hommes. En outre, elle permet à ceux-ci de transférer leurs maux en elle, pour qu’ils disparaissent peu à peu avec son pourrissement.
Le pommier, l’arbre sacré de druides, et son fruit, placent l’homme face à différents choix : celui du monde matériel limité en lieu et en temps, ou celui de l’autre monde, que nous devons mériter d’une certaine façon. La paix éternelle doit passer par la sagesse sur la terre. Un autre choix tient en la connaissance : car à défaut de sagesse, le savoir devient frelaté, pernicieux, et porte l’homme vers le néant, sa propre destruction.
Saule
Arbre des bardes, il est le symbole solaire. Essence des lieux humides, il annonce la mort et porte ainsi en lui une curieuse ambivalence qui ne lui est pas propre, ce qui confirme bien qu’au-delà des ténèbres brille une autre lumière. Le combat des arbres affirme que le saule est plus prudent que les autres, sous-entendant qu’il est plus sage. Une branche de saule coupé et remise en terre humide redonnera un nouvel arbre, porteur du savoir de la connaissance dont il est issu. Ceci explique pourquoi le saule est l’arbre des bardes, puisque a eux incombe la transmission des traditions.
Pour cette raison, le saule était souvent planté à proximité des tombes pour faciliter la vie des morts.
Sapin
Abies sapinus, résineux appartenant à la famille des conifères pouvant atteindre dans nos régions une vingtaine de mètres de hauteur et l'age respectif de 500 ans. Le sapin est un symbole de fécondité et de renaissance ; il l’illustre en restant vert au temps les plus froid de l’hiver, ce qui déterminera les Celtes à le choisir, longtemps avant le christianisme, comme symbole d’espoir toujours renouvelé des forces de la lumière sur les ténèbres et de la vie à la mort.
Chez les grecs, la déesse Artémis était la protectrice des femmes enceintes et des parturientes, ainsi que des nouveau-nés. Pour attirer le regard de la déesse à l’arc d’argent, on plaçait devant la porte et tout autour de la chambre où devait avoir lieu la naissance des rameaux de sapins que l’on brûlait rituellement comme torches. Dans les cultes gaulois, Druntia déesse du sapin, était honoré comme protectrice et reine des druides. On la disait aussi mère du calendrier parce que son arbre était celui du solstice d’hiver et marquait le début de l’année nouvelle.
Cet arbre toujours vert est un messager qui nous encourage à poursuivre le chemin, à supporter les problèmes de l’existence comme ses branches supportent le poids glacé de la neige. Le sapin porte en lui l’énergie de la résistance, et la lumière de l’espérance, qu’il donne à celui qui sait les capter.
Gui
Les Druides en faisaient des décoctions contre la stérilité des animaux et il faisait office de contrepoison. Symbole de la religion druidique, le chêne joue un rôle doublement important. Taranis, le dieu du Tonnerre, y fait naître le gui que le druide, armé d'une faucille d’or, coupe. Par ailleurs, la mort et la renaissance annuelle de ses feuilles, est l'image de l'immortalité de l'âme.

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